GRASSE
MEDIATHEQUE DE GRASSE
Etude : 2011
Réalisation : 2021
Surface :
Coût :
Maître d'ouvrage : VILLE DE GRASSE
Architectes : IVRY SERRES, EMMANUELLE BEAUDOUIN, LAURENT BEAUDOUIN, AURÉLIE HUSSON
Architectes assistants : RENÉ MAURY,YUNING SONG,RAPHAEL CAYRE,CHRISTOPHE THIERRY,NOÉMIE GAINEAU

La médiathèque de Grasse dessinée par Ivry Serres, Emmanuelle Beaudouin, Laurent Beaudouin et Aurélie Husson,  donne au site une atmosphère de charme mais aussi de surprise et d’émotion. Il s’inspire du caractère unique de la structure urbaine de Grasse et joue des tensions et des proximités entre les bâtiments existants et la médiathèque. Il s’inspire des rapports de matière entre les édifices publics et le tissu urbain et utilise, avec une vision moderne, une partie du langage et des matériaux traditionnels. En contrepoint de cette densité, la médiathèque offre des ouvertures visuelles sur le quartier et sur le lointain. La médiathèque de Grasse devient ainsi un lieu d’où l’on peut contempler la ville depuis une terrasse en hauteur.  Nous avons cherché une juste balance entre la présence de l’édifice et le respect du voisinage. C’est aussi un projet urbain qui améliore les relations piétonnes à l’intérieur du quartier.

Le projet profite de la présence d’éléments de programme ayant une certaine indépendance pour créer plusieurs niveaux d’accès. Le hall de la rue Nègre, très large, permet de servir de foyer commun à l’exposition et à l’auditorium. Une arcade améliore le passage vers la place Vercueil et un ascenseur public relie le haut et le bas du site. Cet ascenseur est totalement indépendant de la médiathèque mais permet néanmoins un accès direct au hall principal. Il se trouve relayé plus loin par un second ascenseur public qui relie le jardin d’eau à la Place Morel. La vocation de la Place Vercueil est que s’y implantent des activités de café et de restaurant, l’accès des véhicules doit se faire dans la discrétion. Le traitement du sol en pierre se prolonge dans le passage du réservoir et se poursuit à l’intérieur de la salle d’exposition pour renforcer une impression de continuité naturelle entre l’intérieur et l’extérieur. En remontant la rue de la Lauve, on atteint, au dessus du réservoir, le jardin d’eau qui marque l’entrée principale de la Médiathèque. Le dessus du réservoir est partiellement couvert par un fin miroir d’eau dans lequel le bâtiment se reflète. Le choix de placer l’entrée principale à cet endroit est essentiel pour donner une vie nouvelle au magnifique amphithéâtre urbain que constitue la place Morel. C’est aussi une incitation à utiliser la rue de la Lauve, comme axe urbain au cœur de la ville. Par ailleurs, une grande partie du public arrive sur le site par le haut de la ville, en raison de la présence des parkings. Le hall et l’espace couvert qui le précède sont un lieu de fraicheur. Le miroir d’eau y reflète le ciel, créant un volume fluide et transparent. Une grande arcade à l’échelle urbaine marque la présence de la Médiathèque et accueille le regard en profondeur. L’arcade est traversante et la lumière de l’extrémité opposée en accentue la transparence. La rue de la Lauve est accompagnée une rampe suspendue, perçue comme une prolongation de la rue à l’intérieur de la Médiathèque. C’est l’élément dynamique du projet, celui qui sera le plus spectaculaire. La rampe est une promenade qui incite le visiteur à une démarche tranquille, elle permet un passage entre les deux niveaux comme une transition. C’est un lieu de flânerie intérieure qui dégage un parfum un peu mystérieux. Dans le hall, un puits de lumière naturelle traverse les deux niveaux supérieurs pour souligner avec douceur la présence de la banque de prêt. À la suite de l’accueil, on peut rejoindre directement les trois types de circulations ou accéder à l’espace d’actualité et à la bibliothèque des enfants. Au dessus du niveau d’accueil, les salles de lecture de la Médiathèque sont rassemblées sur deux niveaux pour en faciliter l’exploitation et la surveillance. Elles sont ouvertes l’une sur l’autre pour inciter le visiteur à explorer toutes les offres de la Médiathèque et permettre de percevoir la Médiathèque comme un tout. La future Médiathèque est pensée comme un espace perméable à la lumière, tout en préservant la fraicheur intérieure. Cela nécessite une approche nouvelle du dessin des façades. Les espaces de lecture reçoivent une lumière du jour tamisée et adoucie par le claustra de pierre qui enveloppe le bâtiment. Le claustra protège du soleil la façade vitrée située en retrait pour permettre le nettoyage. Les ventilations peuvent être ouvertes en soirée pour récupérer la fraicheur de la nuit. L’architecture est conçue pour filtrer le soleil pendant la journée et restituer une dentelle de lumière en soirée. La double apparence diurne et nocturne sera une des qualités majeure du site. Cette présence lumineuse se fera en douceur, dans la discrétion et sans excès. C’est une atmosphère globale que nous avons recherchée, une ambiance qui soit également valorisante pour le voisinage. Le thème du claustra est en rapport avec la tradition provençale, mais étendu à grande échelle, il devient un élément très moderne. La lumière artificielle intérieure utilise les voûtes en béton blanc pour se diffuser de façon douce dans les salles de lectures.

Le plan des salles de lecture, malgré sa simplicité, préserve des atmosphères diversifiées vis-à-vis de la façon de lire. La variété des lieux permet aussi de répartir les collections avec souplesse. Le programme est abordé dans un esprit d’équilibre entre les lieux d’animation et les salles de lecture à l’ambiance plus calme. Le but est d’atteindre une grande fluidité entre les différentes fonctions et une parfaite visibilité des relations entre les salles. Les espaces de la bibliothèque doivent transmettre le plaisir de lire, mais, plus largement le plaisir de vivre. La complexité du programme s’insère dans des formes simples et des volumes clairs, emprunts de dignité. Les niveaux sont reliés entre eux par deux ascenseurs, un escalier et la rampe, facilitant la communication entre les salles. Les communications verticales mettent efficacement en relation les fonctions de façon à relier fortement des espaces que les utilisateurs doivent percevoir comme une continuité. Nous avons voulu recentrer le programme et éviter le plus possible un étalement dans le site. C’est pourquoi nous n’avons pas utilisé toutes les opportunités foncières permises par le programme.